Pourquoi un live régional sur le parcours de soins dans l’amylose hATTR ?
Marc Koquely
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouveau live proposé par RARE à l’écoute, live réalisé aujourd’hui en direct depuis Bordeaux. Pour celles et ceux qui nous rejoignent pour la première fois, RARE à l’écoute est le premier média d’influence 100% dédié aux maladies rares. Notre mission : réduire l’errance diagnostique, briser l’isolement et améliorer les parcours de soins. Après un premier live consacré l’an dernier aux enjeux diagnostiques de l’amylose hATTR, nous poursuivons aujourd’hui cette réflexion à l’échelle régionale avec un focus sur l’organisation et la coordination du parcours patient, ici, en Nouvelle-Aquitaine. Ce live mettra en lumière comment le maillage territorial, l’échange entre spécialistes et la collaboration avec les associations de patients, contribue à une prise en charge plus précoce, plus fluide et plus adaptée. L’amylose hATTR, ou l’amylose héréditaire à transthyrétine, est une pathologie génétique rare qui se manifeste chez l’adulte et peut également concerner des apparentés encore asymptomatiques. Complexe et évolutive, elle est responsable de neuropathie et d’atteinte cardiaque progressive. Son diagnostic reste souvent difficile et tardif, d’où l’importance d’une organisation régionale structurée et d’une coordination étroite des parcours. Et pour en parler aujourd’hui nous avons la chance et le plaisir d’accueillir le Dr Guilhem Solé, neurologue et médecin coordinateur du Centre de référence des maladies neuromusculaires de Bordeaux.
Dr Guilhem Solé
Bonjour.
Marc Koquely
Le docteur Chloé Angelini, généticienne au CHU de Bordeaux.
Dr Chloé Angelini
Bonjour.
Marc Koquely
Le docteur Louise Debergé, médecin en médecine physique et de réadaptation au Centre de référence des maladies neuromusculaires du CHU de Bordeaux.
Dr Louise Debergé
Bonjour à tous.
Marc Koquely
Sur le plateau avec moi, madame Hélène Thiollet, chargée de projet à l’Association française contre l’amylose, l’AFCA.
Hélène Thiollet
Bonjour.
Marc Koquely
Bonjour Hélène. Et enfin, également au duplex avec nous, monsieur Lionel Martinez, patient asymptomatique et membre également de l’AFCA.
Lionel Martinez
Bonjour.
Marc Koquely
Bonjour Lionel. Un grand merci également à notre partenaire institutionnel, le laboratoire AstraZeneca, pour son soutien à cette web émission. Et pour ouvrir ce live, j’ai le plaisir d’accueillir Virginie Druenne, l’ambassadrice de RARE à l’écoute. Bonjour Virginie.
Virginie Druenne
Bonjour Marc. Merci beaucoup. Je suis ravie d’être là. Effectivement, RARE à l’écoute, c’est aujourd’hui le premier média entièrement dédié aux maladies rares, qui a pour mission de lutter contre l’errance et de faciliter le dépistage des différentes maladies rares. C’est avant tout un podcast où on donne la parole aux experts et aussi aux patients. Ce sont les Revues Horizons, qui sont des magazines que se partagent les centres experts pour justement faciliter et optimiser le parcours de soins du patient au niveau régional. Et d’ailleurs, il y a une revue Horizon Amylose hATTR entièrement dédiée à Bicêtre, actuellement disponible sur notre site. Et ce sont des web émissions nationales et régionales, effectivement, où on donne la parole aux patients et aux professionnels de santé pour parler justement du parcours de soins. Merci Marc.
Marc Koquely
Merci Virginie. Alors, pour débuter cette émission, nous allons parler de l’organisation du parcours de soins, justement. Docteur Solé, comment les recommandations nationales sur l’amylose hATTR se traduisent-elles concrètement, ici, à Bordeaux et dans la région ?
Dr Guilhem Solé
Bonjour à tous et merci pour l’invitation. Et merci de mettre en valeur cette pathologie rare. Les recommandations, c’était quelque chose qu’on avait déjà essayé de faire au niveau régional, puisqu’on avait déjà une relative expertise en amylose. On avait déjà de nombreux patients qu’on suivait, on avait déjà mis en place un réseau et un maillage territorial. Cette expérience qu’on avait déjà, on a pu la mettre en œuvre lors de la réalisation des recommandations. Nous avons participé très activement, plusieurs d’entre nous, à la rédaction du Protocole National de Soins qu’on appelle le PNDS, qui est vraiment les recommandations qu’on a au niveau national. Cette participation au PNDS a permis de confronter toutes nos expériences locales dans les différentes régions afin de mettre en place et de choisir quelles étaient les meilleures expériences qu’on pouvait avoir. Tout ça, ça a permis de mettre en place un suivi qui est relativement standardisé et qui permet surtout à tous les patients d’avoir, si possible, accès à l’ensemble des soins possibles.
Comment s’organise le diagnostic de l’amylose hATTR à Bordeaux ?
Marc Koquely
Très bien, merci docteur Solé. On parlait justement du diagnostic. Concrètement, comment cette organisation régionale du parcours de soins peut-elle aider les patients à accéder à un diagnostic plus rapide ?
Dr Guilhem Solé
L’organisation régionale, notre objectif, c’est de faire en sorte que tous les patients aient un accès le meilleur possible et le plus simple possible à l’ensemble des soins qui sont nécessaires. On essaie d’agir sur plusieurs éléments. On essaie d’agir d’abord sur les actions de formation. On essaie de faire en sorte que nos confrères, déjà neurologues, à la base, ils connaissent cette maladie, ils sachent quand est-ce qu’il faut évoquer cette maladie, et savoir s’il faut faire un dépistage des patients et quels patients. Par ailleurs, nous, au niveau régional, on avait mis en place des études de dépistage, justement, pour essayer de voir quelle était la meilleure stratégie qui était à mettre en place. Et ensuite, une fois qu’on a fait des actions de formation auprès des neurologues, on a aussi essayé de faire des actions de formation auprès d’autres spécialités. Les cardiologues, parce que vraiment, dans cette maladie, c’est vraiment une collaboration entre cardiologue et neurologue qui est vraiment très importante pour la prise en charge. Pour le diagnostic, on a bien sûr aussi besoin des généticiens. On a aussi besoin de nos collègues de médecine physique et réadaptation, qu’on a essayé de former : cardiologue, médecin de rééducation, ophtalmologue, puisque c’est vraiment une problématique émergente dans cette maladie-là et toutes les autres spécialités qui peuvent être présentes chez ces patients. Donc, essentiellement des actions de formation et des actions aussi où on organise des réunions de concertation c’est-à-dire qu’on est plusieurs médecins à discuter, éventuellement à distance, autour de chaque cas et de chaque dossier des patients pour justement apporter l’expertise qui peut y avoir dans le centre de référence au plus près du patient.
Quel rôle joue la génétique dans le diagnostic et le repérage des apparentés ?
Marc Koquely
Merci docteur Solé. Dr Angelini, vous êtes généticienne spécialisée en neurogénétique et vous intervenez principalement auprès des apparentés asymptomatiques dans des familles atteintes de neuropathie amyloïde à transthyrétine. Quel rôle aujourd’hui joue la génétique pour identifier ces apparentés encore asymptomatiques ?
Dr Chloé Angelini
Bonjour à tous et merci pour l’invitation. Le rôle de la consultation génétique pour le dépistage des apparentés asymptomatiques, elle intervient une fois qu’il y a eu un diagnostic génétique posé chez ce qu’on appelle le cas index, la personne dans la famille qui présente des symptômes d’hATTR. Donc, le prérequis indispensable pour le dépistage, c’est vraiment qu’il y ait un résultat génétique chez un apparenté, donc que ça soit un parent, un frère, une sœur, un cousin. Donc l’étape numéro un, c’est d’abord que le diagnostic génétique soit posé par le neurologue en général. Et lors de l’annonce diagnostic, il va indiquer à la personne qu’il y a un risque d’autres personnes dans sa famille soient également porteuses et porteuses asymptomatiques, et que ces personnes-là peuvent se diriger vers une consultation de génétique munie du résultat de génétique de leurs proches. L’analyse chez les apparentés asymptomatiques, ce n’est pas une analyse sanguine standard. C’est une analyse qui se fait dans le cadre d’un protocole bien précis, qui est le protocole de diagnostic présymptomatique. Ça ne peut pas se faire auprès de n’importe quel médecin ou d’un médecin de ville. Ça doit être réalisé dans une équipe de diagnostic présymptomatique qui est déclarée à l’agence de la biomédecine. Et donc, par définition, ces équipes qui ne sont pas présentes dans l’ensemble des hôpitaux ou dans l’ensemble des centres hospitaliers. Ce protocole, il peut être un petit peu différent d’une ville à l’autre, mais dans tous les cas, il y a plusieurs étapes avec un entretien médical, un entretien psychologique qui va viser non pas à évaluer le patient, mais plutôt à évaluer qu’est-ce que ça va changer de savoir son statut vis-à-vis de la maladie familiale, puisque ce qui est important de à appeler, c’est que ce ne sont pas des patients qui viennent nous consulter dans le cas de diagnostic présymptomatique, mais bien des individus à risque. Donc, il y a vraiment un caractère très spécifique à ces consultations. Il y a systématiquement deux prélèvements sanguins qui vont être réalisés afin de pouvoir s’assurer, éviter toute erreur d’identité ou vigilances et d’être certains du résultat qu’on va rendre à la personne. Et puis, le résultat va être rendu une fois qu’on aura les résultats de deux prises de sang et de deux analyses génétiques. Et il y a systématiquement un accompagnement psychologique qui est proposé, quel que soient le résultat, qu’il soit favorable ou défavorable. Le diagnostic présymptomatique dans l’hATTR a une importance vraiment cruciale puisque l’hATTR, c’est une maladie qu’on dit actionnelle, c’est-à-dire que ça va être accessible à des mesures de surveillance et de traitements précoces pour les personnes qui sont porteuses. Donc, il y a un véritable bénéfice médical à venir faire ce diagnostic présymptomatique quand on a un parent qui est porteur.
En quoi consiste la prise en charge en médecine physique et de réadaptation ?
Marc Koquely
Merci beaucoup, docteur Angelini. Docteur Debergé, vous travaillez au côté du docteur Solé, au sein du Centre de référence des maladies neuromusculaires. Comment la médecine physique et de réadaptation s’intègre-t-elle dans le suivi pluridisciplinaire des patients pour optimiser la qualité de vie et l’autonomie des patients ?
Dr Louise Debergé
Bonjour. La médecine physique s’intègre à la demande des neurologues ou parfois même des généticiens avec qui on travaille en étroit lien. C’est pour des problématiques bien précises en général. Ils nous sollicitent soit pour organiser la rééducation pure et dure avec soit la kinésithérapie libérale, soit en centre, etc. Soit pour des problématiques d’appareillage, ce qu’on appelle la réadaptation, soit pour une problématique neuro, urologologique. C’est à la demande des neurologues. Il n’y a pas d’organisation systématique de rendez-vous pluridisciplinaire. Nous sommes deux médecins de médecine physique et de réadaptation au sein du centre de référence, donc on se répartit les consultations qui peuvent être aussi organisées sous forme d’hospitalisations de jour avec un bilan kinésithérapie ou un bilan neurologique.
Comment le centre de référence collabore-t-il avec les médecins de proximité ?
Marc Koquely
Merci, docteur Debergé. Docteur Solé, comment votre centre collabore-t-il avec les médecins de ville et aussi avec les spécialistes pour le suivi à long terme des patients ?
Dr Guilhem Solé
Comme je le disais tout à l’heure, l’objectif, c’est vraiment d’essayer d’apporter le maximum d’expertises au plus près du patient. Le suivi des patients, il est quand même très clairement organisé par le centre de référence, tout simplement parce qu’on connaît les problématiques spécifiques de cette maladie, que ce soit sur le plan de la douleur, sur le plan de ce qu’on appelle, nous, la dysautonomie, c’est-à-dire les problèmes digestifs, les problèmes urinaires, les problèmes de tension artérielle et donc de malaise. Toutes ces problématiques, nous, on les connaît très bien. L’objectif, c’est que le patient, il puisse avoir une réponse à ces problématiques le plus tôt possible avec quoi on le dépiste. Ça, c’est la première chose, c’est l’expertise. On va dire qu’on a chez nous. Après, on essaie de déléguer, auprès notamment de nos confrères libéraux et de nos médecins généralistes des patients, la gestion des problématiques qui ne relèvent pas de la maladie rare, puisque ce sont des patients qui peuvent avoir tout à fait d’autres maladies sans que cela relève véritablement de la maladie rare. Par ailleurs, il y a toute une question autour des paramédicaux, puisque maintenant, certains traitements de cette maladie se font par injection sous la peau en particulier ou en intraveineux, qui se font de façon régulière et qui peuvent être réalisés à domicile. Donc, on a un rôle de formation, soit nous directement, soit avec l’aide d’équipes spécialisées, de formation notamment des infirmières qui vont intervenir au domicile des patients. Concernant la partie prise en charge et plus rééducative, là, ça sera plus le docteur Debergé qui sera capable de répondre sur la coordination avec la ville de ce côté-là.
Marc Koquely
Très bien. Merci beaucoup, docteur Solé. Docteur Angelini, de quelle manière les centres de référence collaborent-ils pour assurer un accès au diagnostic génétique sur l’ensemble du territoire ?
Dr Chloé Angelini
C’est une très bonne question. Il y a des laboratoires de génétique dans la plupart des CHU en France, mais tous les laboratoires de génétique ne font pas l’analyse du gène TTR, le gène qui est responsable de l’hATTR. Il y a quelques laboratoires en France qui sont labellisés laboratoires de référence pour l’analyse de ce gène, notamment à Bicêtre, à Marseille, à Lyon, à Limoges. Il y a des collaborations, en général historiques, qui font qu’on va avoir plutôt l’habitude d’envoyer les prélèvements sanguins à tel ou tel laboratoire. Ce qui est important à retenir, c’est que quand on fait l’analyse chez des apparentés, on n’a pas forcément besoin d’envoyer le prélèvement sanguin dans le même laboratoire que celui où a été fait l’analyse du cas index de la personne qui a eu le résultat génétique. Et même, ça peut nous arriver que les personnes viennent nous voir avec un résultat d’une analyse qui a été faite à l’étranger. Ça peut arriver. Et ça, la nomenclature et la réalisation des analyses génétiques font qu’on n’a pas besoin que le compte rendu soit en français pour pouvoir retrouver quelle est la mutation qui a été identifiée dans la famille. Donc, les prélèvements sanguins vont être envoyés. Pour ce qui est de Bordeaux, ils vont être envoyés à Limoges et l’analyse va être faite là-bas. Ça permet d’avoir une analyse qui est fiable avec des généticiens qui sont experts dans l’analyse de ce gène. Et l’autre information qui est importante, c’est qu’une fois qu’on connaît la mutation dans la famille, quand on va venir faire l’analyse chez des apparentés, on ne va pas analyser l’ensemble du gène. On va seulement regarder si la mutation identifiée dans la famille est présente ou non présente. C’est le seul résultat qui pourrait être donné, c’est l’absence ou présence de la mutation identifiée dans la famille.
Le parcours de Lionel : vivre en étant porteur asymptomatique
Marc Koquely
Merci, docteur Angelini. On va maintenant s’intéresser à l’expérience côté patient. Lionel, est-ce que vous pouvez nous raconter comment s’est déroulé pour vous ce diagnostic génétique et dans quelles circonstances vous avez découvert votre statut de porteur asymptomatique ? Oui, bonjour. Tout d’abord, j’ai découvert l’amylose à travers… Le diagnostic a été posé pour mon père, qui lui est le patient index, puisqu’il souffrait depuis pas mal d’années de problèmes neurologiques, en particulier au niveau des jambes, sans que ces médecins puissent identifier précisément de quel mal il souffrait. Il a eu son diagnostic en 2020, après environ cinq années d’errance diagnostique, donc une période très compliquée pour lui. Et à ce moment-là, lors d’une rencontre avec son neurologue de ville, j’ai pu avoir une explication sur la dimension héréditaire de cette maladie. Je me suis renseigné également de mon côté, en parallèle via le net, et en particulier le site de l’Association Française Contre l’Amylose, qui m’a donné un peu plus d’informations sur la réalité de la maladie, mais surtout sur sa dimension héréditaire, mais aussi sur le fait qu’il existait des traitements actuellement. Donc, plutôt un message d’espoir. Et ça, ça m’a incité, dans le fond, à engager moi-même le processus de dépistage génétique. Donc, j’ai entrepris ce processus comme il a été expliqué précédemment. J’ai suivi un parcours. Donc, j’ai pris rendez-vous auprès d’un service de génétique au CHU de Bordeaux. Alors là je l’ai fait, on va dire à mon initiative. Je ne suis pas passé par mon médecin traitant. Donc, j’ai tout simplement pris contact en allant chercher les coordonnées sur le site du CHU. Et en fournissant le résultat de l’analyse du dépistage de mon père, j’ai pu obtenir un rendez-vous. L’obtention du rendez-vous a été quand même un peu longue. Il m’a fallu plusieurs mois, entre le moment où j’ai pris contact et le moment où je me suis rendu à Bordeaux pour effectuer les prélèvements. Donc, j’ai effectué les deux prélèvements sanguins à une semaine d’intervalle. Et j’ai eu également, lors du deuxième prélèvement, un rendez-vous avec une psychologue qui m’a expliqué de manière peut-être encore plus détaillée la pathologie. Ensuite, j’ai dû attendre là également plusieurs mois avant d’obtenir le résultat final. C’était en septembre 2021. Il s’était écoulé vraiment plusieurs mois. Et là, le résultat est tombé. J’étais moi-même porteur de la mutation, donc la Val30Met. Donc, mutation. Et je suis aujourd’hui dans un statut de patient asymptomatique. C’est-à-dire que je ne suis pas malade, mais je suis porteur de cette mutation, donc avec l’éventualité que la maladie se déclenche un jour. Merci Lionel. Comment, justement, vous avez vécu l’annonce de ce diagnostic génétique ?
Lionel Martinez
Peut-être ça va vous étonner, mais moi, je l’ai vécu plutôt sereinement, je l’ai vécu même plutôt bien. Je m’étais déjà préparé en me renseignant sur cette dimension, cette particularité d’être porteur d’une mutation génétique. Je l’ai pris comme une réalité qui s’imposait à moi. Je pense que c’est aussi mon tempérament, on va dire un peu optimiste. Parfois, je dis: Est-ce que ce n’est pas aussi de l’inconscience ? Parce que quand vous regardez des témoignages de personnes malades, il y a de quoi quand même s’inquiéter. Donc quand j’ai fait mes recherches sur les différents sites, vous avez des personnes qui sont porteurs et qui ont développé des symptômes. Donc c’est aussi inquiétant. Mais moi, je crois que ce qui m’a beaucoup rassuré, c’est le fait qu’il existe des traitements et c’est une des rares maladies génétiques aujourd’hui de l’adulte, pour laquelle il y a des traitements proposés, qui permettent en tout cas de stabiliser l’évolution de la maladie, pas de la guérir. Et c’est vrai que c’est quand même rassurant. Par contre, la réaction a été contrastée dans ma famille. Bien sûr, mon père, lui, a été s’est senti coupable de m’avoir transmis cette mutation, donc de la culpabilité. Je l’ai rassuré, parfois, avec l’humour, en disant qu’on n’était pas responsable de la transmission d’un gène. C’est la réalité. Je ne dis pas que c’est la fatalité, mais il y avait une probabilité de 50% que je sois porteur, et c’est le cas. Également de l’inquiétude pour ma fille, parce que moi, je suis papa d’une jeune fille mineure actuellement. Donc, se posera un jour la question de savoir si, non seulement elle se fait dépister et si elle-même est porteuse. Moi, personnellement, c’est plus mon entourage, étonnamment, qui a été inquiet que moi-même. Je sais que ce n’est pas forcément le cas de chacun et que chacun vit cette annonce diagnostique à sa manière, mais pour moi, ça a été un moment on va dire plutôt serein.