Les points clés – Maladie pulmonaire à mycobactéries non tuberculeuses
Les maladies pulmonaires à mycobactéries non tuberculeuses (MNT) sont des infections chroniques rares des voies respiratoires causées par des bactéries environnementales présentes dans l’eau, le sol et les aérosols. Elles se distinguent de la tuberculose par leur mode de transmission non interhumaine et par leur évolution souvent lente mais progressive. Ces infections touchent préférentiellement les personnes présentant une fragilité pulmonaire ou une altération du système immunitaire.1-4
La prévalence des infections pulmonaires à mycobactéries non tuberculeuses (MNT) est estimée entre 1 et 9 cas pour 100 000 habitants. Elle est en augmentation dans les pays industrialisés, en particulier chez les patients présentant des facteurs de risque tels qu’un âge avancé, une dénutrition, des comorbidités ou une immunodépression, ainsi que des atteintes pulmonaires préexistantes comme les bronchectasies, la mucoviscidose, l’emphysème ou des lésions pulmonaires séquellaires.1,3,5
Les espèces les plus fréquemment en cause sont le complexe Mycobacterium avium (MAC) et Mycobacterium abscessus. Ces bactéries étant largement répandues dans l’environnement, l’exposition est fréquente mais la maladie reste conditionnée par des facteurs de susceptibilité individuels.2,5
Les manifestations cliniques sont variables et souvent peu spécifiques. Les signes les plus fréquents comprennent une toux chronique persistante, une fatigue, un essoufflement progressif, des expectorations, des douleurs thoraciques ainsi qu’une perte de poids. Dans certains cas, une fièvre modérée ou des sueurs nocturnes peuvent être observées.1-2,6
Sur le plan physiopathologique, les mycobactéries non tuberculeuses sont inhalées et atteignent les voies respiratoires. Chez les individus en bonne santé, elles sont généralement éliminées efficacement par les défenses pulmonaires, en particulier la clairance mucociliaire et les mécanismes immunitaires innés. En revanche, chez les patients présentant des anomalies structurelles pulmonaires (bronchectasies, emphysème), une mucoviscidose ou une immunodépression, ces bactéries peuvent coloniser les bronches, persister et induire une inflammation chronique responsable de lésions pulmonaires progressives.2,5,7
Le diagnostic est complexe, notamment en raison du caractère non spécifique des symptômes. Il repose sur une association d’arguments cliniques, radiologiques et microbiologiques. L’imagerie thoracique, en particulier le scanner, met en évidence des anomalies évocatrices telles que des nodules, des cavités ou des bronchectasies. La confirmation repose sur l’identification répétée de la mycobactérie dans les expectorations ou les prélèvements bronchiques, permettant de distinguer infection active et simple colonisation.2,3,7-8
La prise en charge est complexe, prolongée et multidisciplinaire. Elle dépend de la sévérité de la maladie, de l’espèce bactérienne et du profil du patient. Le traitement repose généralement sur une antibiothérapie prolongée, associant plusieurs molécules pendant une durée pouvant dépasser 12 mois. Ainsi, il est fréquent que les patients soient sous antibiothérapie pendant 12 à 18 mois. Une surveillance étroite est nécessaire afin d’évaluer l’efficacité du traitement et d’en limiter les effets indésirables. Dans certaines formes peu symptomatiques, une surveillance simple peut être proposée avant d’initier un traitement, en raison de la lourdeur thérapeutique.2-3, 9-11
Le suivi à long terme repose sur une prise en charge globale incluant le traitement de la maladie infectieuse, la gestion des pathologies respiratoires associées, la kinésithérapie respiratoire et l’accompagnement du patient dans sa vie quotidienne.9-12
Pour en savoir plus sur les maladies pulmonaires à mycobactéries non tuberculeuses, retrouvez les explications du Pr Andrejak sur RARE à l’écoute, le podcast dédié aux maladies rares, en cliquant ici.
Références
- Orphanet – Infection pulmonaire à mycobactéries atypiques : https://www.orpha.net/fr/disease/detail/411703
- Le manuel MSD – version pour les professionnels de la santé – Infections mycobactériennes non tuberculeuses : https://www.msdmanuals.com/fr/professional/maladies-infectieuses/mycobact%C3%A9ries/infections-mycobact%C3%A9riennes-non-tuberculeuses
- Fondation du souffle – L’infection pulmonaire à MNT : https://www.lesouffle.org/mycobacteries-atypiques#:~:text=L’infection%20pulmonaire%20%C3%A0%20MNT%20%E2%80%93%20Mycobact%C3%A9ries%20Non%20Tuberculeuses%20(Mycobact%C3%A9ries,ou%20sans%20glaires)%2C%20des%20douleurs
- Association M.N.T. Mon Poumon Mon Air – L’infection pulmonaire à MNT : https://www.mntmonpoumonmonair.org/infection-pulmonaire-mnt/
- Paquot C et Infections par mycobactéries non tuberculeuses : expérience au CHU de Liège et état actuel des déficits immunitaires associés chez l’adulte. Rev Med Liege 2025; 80 : 2 : 116-121.
- Association M.N.T. Mon Poumon Mon Air – Les symptômes : https://www.mntmonpoumonmonair.org/infection-pulmonaire-mnt/les-symptomes/
- SPLF – Insight pneumologie – Mycobactéries non tuberculeuses – Guide diagnostique et clinique en 10 questions : https://splf.fr/wp-content/uploads/2017/03/Insight-en-pneumologie.pdf?utm
- Association M.N.T. Mon Poumon Mon Air – Le diagnostic : https://www.mntmonpoumonmonair.org/infection-pulmonaire-mnt/le-diagnostic/
- Actualités : Point sur les mycobactéries non tuberculeuses – Que faut-il savoir en 2024 ? https://reseauprosante.fr/articles/show/point-sur-les-mycobacteries-non-tuberculeuses-que-faut-il-savoir-en-2024-3255
- Association M.N.T. Mon Poumon Mon Air – Le traitement et la recherche : https://www.mntmonpoumonmonair.org/traitement-et-recherche/
- Association pulmonaire du Québec – Mycobactérium non-tuberculeux : https://poumonquebec.ca/maladies/mycobacterium-non-tuberculeux/
- Association M.N.T. Mon Poumon Mon Air – Vivre avec une MNT : https://www.mntmonpoumonmonair.org/vivre-avec-une-mnt/
FAQ – Maladie pulmonaire à mycobactéries non tuberculeuses
- Qu’est-ce que les maladies pulmonaires à mycobactéries non tuberculeuses ?
Ce sont des infections respiratoires chroniques rares causées par des bactéries environnementales, touchant surtout des patients avec un terrain pulmonaire fragilisé. - Quelle est la cause de ces infections ?
Elles sont liées à l’inhalation de mycobactéries présentes dans l’environnement (eau, sol et aérosols) habituellement éliminées mais pouvant persister chez certains patients. - Quelles sont les populations à risque ?
Ces infections concernent principalement les personnes présentant des maladies pulmonaires chroniques (comme la bronchectasie ou la BPCO), les personnes immunodéprimées, ainsi que les sujets âgés ou ayant des antécédents respiratoires. - Quels sont les principaux signes cliniques ?
Les symptômes sont peu spécifiques : toux chronique, crachats, essoufflement, fatigue et parfois perte de poids. - Comment s’opère le diagnostic et la prise en charge ?
Le diagnostic repose sur des critères cliniques, radiologiques et microbiologiques. La prise en charge associe antibiothérapie prolongée, kinésithérapie respiratoire et suivi régulier.
